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Réunifier Strasbourg : nos réflexions sur l’avenir de la M35
27 janvier 2026
J’ai annoncé vouloir être le maire capable de régler à 30 mètres les problèmes du quotidien, au coin de la rue, mais aussi d’anticiper à 30 ans les transformations à mener durablement . C’est pourquoi nous ouvrons une réflexion de long terme sur l’avenir de la M35, une autoroute qui passe en plein milieu de Strasbourg.
Strasbourg n’est pas une métropole comme les autres, elle n’a pas pu se développer à 360°, enserrée entre le Rhin et la M35. Cette autoroute, section non-concédée de l’A35 appartenant à l’Eurométropole, traverse la ville et isole les quartiers Ouest (Elsau, Montagne Verte, Koenigshoffen, Hautepierre, Poteries, Cronenbourg, Hohberg) soit 75 000 Strasbourgeoises et Strasbourgeois vivant de l’autre côté d’un véritable mur urbain.
Nous refusons la fatalité de cette situation, de laisser notre ville traversée d’une fracture urbaine, et de se résigner à ce que la ceinture verte soit le siège d’une autoroute plutôt qu’un écrin de nature.
Strasbourg fait aujourd’hui face à des défis majeurs : fracture urbaine, crise du logement, manque de foncier économique, pollution atmosphérique, îlots de chaleur et risques sanitaires accrus pour les habitants vivant à proximité de cette autoroute. La ville suffoque, elle sature, nous subissons des nuisances sonores, visuelles et environnementales, renforçant le sentiment d’abandon.

Pour répondre à ces défis et ces besoins, nous devons envisager des solutions à l’échelle.
Nous ne comblerons pas le déficit de logements à Strasbourg sur les 30 prochaines années en bétonnant quelques jardins et dents creuses de nos quartiers historiques comme cela s’est fait au Neudorf, à La Robertsau et ailleurs.
Nous ne pourrons pas proposer du foncier disponible aux entreprises pour développer notre économie locale en construisant toujours plus dense.
Nous ne pourrons pas préparer une ville résiliante face au réchauffement climatique sans renforcer et renaturer la ceinture verte.
C’est pourquoi nous proposons que les 32 hectares de bitume occupés actuellement par la route au cœur de la ceinture verte soient demain transformés, sans pour autant supprimer la route qui garantit l’accessibilité et la fluidité de l’accès à Strasbourg. Nous proposons de réfléchir à enfouir et recouvrir partiellement la M35 pour faire tomber le mur de Strasbourg, réunifier la ville, lier ensemble les 400 hectares de la ceinture verte aujourd’hui lacérés par la route et ses échangeurs, et valorise une partie du foncier libéré pour créer du logement, de nouveaux équipements publics, du foncier réservé à l’économie.

La réflexion engagée vise à enfouir ou recouvrir 6 km de la M35, entre la place de Haguenau et l’Elsau. Ce projet permettrait de libérer 32 hectares aujourd’hui dédiés au bitume — l’équivalent du parc de l’Orangerie. Plus de la moitié de ces surfaces seraient rendues à la nature afin de recréer une continuité écologique au sein de la ceinture verte. L’autre moitié permettrait de construire durablement des logements, d’accompagner le développement économique et de donner tout son sens au projet de Gare à 360°. C’est aussi l’opportunité de créer l’un des plus grands parcs urbains de France et de réduire fortement les pollutions pour les habitants.
Trois lignes rouges claires
Ce projet ne pourra avancer qu’à certaines conditions : garantir l’accessibilité pendant les travaux, disposer d’un financement crédible et obtenir une validation démocratique par référendum local. Le prochain mandat permettra de lancer les études nécessaires pour éclairer une décision collective.
Penser du nouveau pour Strasbourg
Face aux défis actuels, nous n’avons pas le droit de rester figés. Imaginer l’avenir de Strasbourg, c’est assumer la complexité et proposer des solutions nouvelles, à la hauteur des besoins vitaux de notre ville et de ses habitants.